Les divisions entre Tshisekedistes et Kabilistes paralysent l’Etat dans l’est de la RDC

A Kanyaruchinya, près de Goma, le 15 juillet 2013 (Photo Monusco Sylvain Liechti)

La division entre le camp du président Félix Tshisekedi et celui de son prédécesseur, Joseph Kabila, empêche, pour l’instant, l’adoption d’une stratégie cohérente pour stabiliser l’est de la RDC.

Par Pierre Boisselet, coordonnateur du Baromètre sécuritaire du Kivu.

2127 civils tués, 1450 enlevés, 938 kidnappés… Le bilan enregistré par le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) lors des vingt premiers mois de la présidence de Félix Tshisekedi est lourd. Plus lourd encore, même, que celui des vingt derniers de son prédécesseur, Joseph Kabila (1553 civils tués).

La différence s’explique principalement par la recrudescence de tueries perpétrées par les Forces démocratiques alliées (ADF). Ceux-là même que le président Félix Tshisekedi avait pourtant promis « d’exterminer définitivement » lors d’une « dernière offensive » en octobre 2019.

Pour accomplir cette promesse, et éliminer, plus largement, tous les groupes étrangers présents dans le Kivu, le président congolais avait d’abord tenté de mettre sur pied une coalition militaire régionale, avec l’organisation de plusieurs réunions des chefs d’Etatmajors à Goma des armées régionales en septembre et octobre 2019.

A l’époque, déjà, le Front commun pour le Congo (FCC), la coalition de Joseph Kabila, s’était opposé à ce projet. La profondeur des divisions entre le Rwanda d’une part, et l’Ouganda et le Burundi de l’autre, ainsi que l’opposition d’une grande part de l’opinion publique congolaise, avait fini par l’enterrer.

Qu’à cela ne tienne : le 31 octobre 2019, les FARDC, dont la plupart des généraux ont été nommés au temps de Kabila, ont lancé une offensive unilatérale de l’armée congolaise. La Monusco, qui n’avait pas été associée à sa planification, n’y a pas participé.

Un an après, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Malgré la reconquête annoncée de certains bastions des ADF, cette opération a largement échoué à mettre ce groupe islamiste hors d’état de nuire. Il commet même nettement plus de massacres depuis le début de l’offensive (plus de 640 civils tués lors d’attaques attribuées aux ADF depuis un an, contre 195 l’année précédente). Sur le terrain, l’offensive des FARDC est désormais largement à l’arrêt. Les militaires congolais semblent même devenus les cibles dans ce conflit : sur les huit affrontements entre FARDC et ADF enregistrés par le KST au mois d’août par exemple, les ADF étaient à l’initiative dans sept cas. « Lorsque le président a voulu lancer cette offensive, les généraux l’ont accepté car cela leur permettait d’obtenir les financements qui allaient avec », commente froidement un haut cadre du FCC au KST. « Mais ils n’y ont jamais vraiment cru ».

Cette offensive contre les ADF est une illustration, parmi d’autres, de l’absence de stratégie cohérente et coordonnée entre les différents responsables politiques congolais et internationaux pour stabiliser l’Est de la RDC. L’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi n’a pas permis, pour l’instant, de pallier cela.

A Kinshasa, une multitude d’institutions congolaises sont en effet appelées à jouer un rôle dans la politique orientale. Or celles-ci sont divisées entre la coalition du président et celle de son prédécesseur. Le ministre de la Défense, Aimé Ngoy Mukena, est ainsi un proche de Joseph Kabila. Mais le ministre délégué à la Défense, Sylvain Mutombo Kabinga, est un farouche partisan de Tshisekedi, tout comme le ministre de l’Intérieur, Gilbert Kankonde. Le Mécanisme national de suivi de l’accord d’Addis-Abeba (MNS), qui doit en principe publier une feuille de route pour la stabilisation du pays, est pour sa part dirigé par Claude Ibalanky, un proche de Tshisekedi, issu de la diaspora, qui ne dispose pas d’une très longue expérience des conflits dans l’est de la RDC. « On ne sait pas qui est aux manettes » résume ainsi une source diplomatique européenne interrogée par le KST. Dans son discours à la Nation du 23 octobre, le président Tshisekedi a d’ailleurs cité « les questions relatives à la paix et à la sécurité nationale » en tête de la liste des « divergences qui persistent entre parties » de la coalition au pouvoir.

De fait, toutes les personnalités jouant un rôle dans l’est ne tirent pas dans le même sens. Cela a notamment été visible dans le cas des hauts-plateaux du Sud-Kivu, où un conflit oppose plusieurs milices issues des communautés Fuliru, Bembe, Nyindu et Vira à celles issues de la communauté Banyamulenge. Ce conflit, qui connait des cycles de violence à répétition depuis plusieurs décennies, a repris de plus belle depuis l’arrivée de Tshisekedi à la présidence : les principaux belligérants (Mai-Mai René, Ebu Ela, Biloze Bishambuke, Twirwaneho, Gumino et Makanika) ont tué au moins 81 civils depuis un an, en forte augmentation par rapport à l’année précédente (35 tués) selon les chiffres du KST.

En août, Tommy Thambwe Rudima, un ancien membre de la rébellion Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), s’est rendu sur les hauts-plateaux pour tenter de désamorcer le conflit. Ce collaborateur de l’ONG Interpeace était apparemment titulaire d’un mandat de la présidence, ce qu’une source au cabinet du chef de l’Etat a confirmé au KST. Pourtant, au MNS, une source interrogée par le KST disait tout ignorer de cette mission, au point de suggérer qu’il s’agissait probablement d’un usurpateur…

Mi-septembre, c’est le tshisekediste ministre délégué à la Défense, Sylvain Mutombo, s’est rendu à Murhesa, près de Bukavu, pour participer à des pourparlers entre groupes armés en partenariat avec les ONG Search for Common Ground (SFCG) et Initiative pour un leadership cohésif (ILC). Cette initiative a été notamment financée par les Pays-Bas, la Suède et la Suisse, mais a été critiquée par d’autres bailleurs ainsi que de nombreuses sources à la Monusco, qui la jugeaient prématurée. Parmi les participants se trouvaient des représentants des principaux belligérants des hauts-plateaux, qui ont fini par signer un très fragile cessez-le-feu le 16 septembre.

Pendant les jours qui ont suivi, un calme relatif a régné dans la région. Mais le 28 septembre, le ministre de la Défense, Aimé Ngoy Mukena, et le ministre de la Décentralisation, Azarias Ruberwa, tous deux membres du FCC, se sont rendus à Minembwe, où ils ont participé à l’installation officielle de Gad Mukiza, un Munyamulenge, au poste de bourgmestre de la commune rurale. Cette cérémonie, tenue alors les autres entités locales du Sud-Kivu demeurent en attente d’officialisation de leur statut administratif, a été perçue comme une provocation par une grande partie de l’opinion publique congolaise. Conséquence, Félix Tshisekedi lui-même est entré en jeu, lors de sa visite à Goma, le 8 octobre, en promettant « d’annuler ce qui a été fait » à Minembwe. Depuis le 19 octobre, de violents affrontements ont repris sur les hauts plateaux.

La rivalité entre le Cap pour le changement (Cach, coalition de Tshisekedi) et le FCC est également manifeste – et délétère – dans l’élaboration d’un nouveau programme de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR). Alors que de nombreux groupes armés présents dans l’est de la RDC justifiaient leur combat par la présidence de Joseph Kabila au pouvoir, l’arrivée à la présidence de Félix Tshisekedi a suscité une réelle vague de démobilisations volontaires depuis le début de l’année. Ces combattants se sont, le plus souvent, retrouvés dans des camps de cantonnement. Mais faute de ressources allouées à ces camps, et notamment de nourriture, la plupart ont fui, et sont retournés dans le maquis.

Echaudés par les programmes de DDR précédents, qu’ils estiment avoir été inefficaces et non-transparents, les bailleurs n’ont, en effet, pas débloqué les financements espérés pour le « DDR 3 ». « L’Etat ne remplissait pas sa part du contrat, qui était notamment de nourrir les combattants cantonnés », explique une source proche du dossier.

Félix Tshisekedi a donc promu une nouvelle approche : le DDR dit « communautaire ». Celle-ci a été initialement lancée par les gouverneurs des provinces du Sud et du Nord Kivu, rejoints par l’Ituri, et coordonnées par Clovis Munihire, sous le sigle « CIAP-DDRRRC », pour Commission interprovinciale d’appui au processus de désarmement, démobilisation, réinsertion, réintégration et réconciliations communautaires. Ses promoteurs souhaitent notamment changer de méthode, en évitant, par exemple, l’étape si problématique du cantonnement dans des camps militaires. L’idée serait désormais qu’ils restent dans leur communauté d’origine. Cette approche écarte, également, toute réintégration collective de combattants dans les FARDC.

Après avoir suscité un certain scepticisme des principaux bailleurs de la RDC et de la Monusco, celle-ci semble désormais avoir l’assentiment de la majorité d’entre-eux. La plupart des ambassadeurs occidentaux ont ainsi soutenu ce principe après une rencontre avec le président, le 22 octobre, à laquelle aucun ministre du FCC n’était présent.

Le camp du président butte, en effet, sur la présence de proches de Kabila à des postes clés. Jusqu’à présent, les programmes de DDR sont en effet coordonnés par le Plan de stabilisation et de reconstruction de l’est de la RDC (Starec), l’agence congolaise censée les mettre en oeuvre avec la communauté internationale. C’est également cette structure qui contrôle le Fond de cohérence pour la stabilisation (FCS) abondé par les bailleurs.

Or le Starec est coordonné par Alain Kasindi, un homme réputé proche de Néhémie Mwilanya, le coordonnateur national du FCC, et est placé sous l’autorité de la vice-Premier ministre et ministre du Plan, Elysée Munembwe, elle aussi du FCC.

Selon une source proche du dossier, le camp Tshisekedi voit le dispositif comme un outil de captation des fonds au profit du FCC. Selon une source onusienne, le président entend créer par ordonnance une nouvelle structure, rattachée à la présidence, qui permettrait notamment de contrôler le Starec. C’est ainsi que le président a annoncé, à Goma, la nomination prochaine d’un coordonnateur national du DDR communautaire.

Restera à régler la question du financement de ces projets. Lors de sa visite à Goma, le président a annoncé que 50 millions de dollars seraient attribués au DDR. Selon une source à la Banque mondiale, cet argent n’était pourtant pas destiné à financer le DDR-C, mais le “Fonds social pour la RDC”, afin de soutenir les communautés touchées par les violences. Mise devant le fait accompli, la Banque toutefois a finalement annoncé « un projet dédié de stabilisation pour soutenir l’initiative des gouverneurs dans l’Est », dont les contours ne sont pas encore définis.

Par ailleurs, la RDC est éligible à un nouveau financement dans le cadre de l’allocation prévention et résilience (PRA) de la Banque mondiale. De source diplomatique européenne, cette enveloppe est de 700 millions de dollars. Mais le gouvernement congolais doit remplir plusieurs conditions pour débloquer ce programme, dont la publication d’une stratégie globale pour la stabilisation du pays. A ce jour, la Banque mondiale estime que cette condition n’est pas remplie.

Déposer les armes un jour, les reprendre le lendemain : pourquoi la démobilisation des rebelles ne progresse pas

Reddition volontaire d’ancien combattants rwandais au camp de Kamina, en 2002. (UN Photo/Yasmina Bouziane)

« Notre combat sera celui de vous apporter la paix. Une paix définitive, une paix nécessaire pour la stabilité de notre pays. Et [pour] cette paix, croyez-moi, je suis prêt à mourir ». Lundi 7 octobre, à Bukavu, le président congolais Félix Tshisekedi a pris un engagement ambitieux.

Son élection a, il est vrai, provoqué une vague de reddition de groupes armés et l’espoir que la paix revienne enfin dans les Kivus. Mais dans le territoire de Kalehe, à quelque dizaines de kilomètres de là, les habitants ne sont pas certains que ce chantier soit en bonne voie. Quelques jours avant le discours du président, le processus a même semblé s’inverser : Butachibera, le chef d’une milice Raia Mutomboki qui venait de se rendre à l’armée congolaise, est finalement retourné dans la brousse pour reprendre les armes. 

Dans ce cas, comme dans beaucoup d’autres, la principale raison de l’échec de la démobilisation semble être l’impréparation des autorités. « Dans les centres d’accueils, les miliciens qui se rendent n’ont accès ni à des matelas, ni des boissons, ni même de la nourriture, déplore un gradé de l’armée congolaise actif dans la zone. Nous devons recourir à la population pour leur accueil. Si nous avions les moyens de les loger, tous les groupes armés se seraient déjà rendus ! » 

La reddition manquée de Butachibera est, en effet, très loin d’être un cas isolé. En mars dernier, déjà, Ngubito, le chef des Raia Mutomboki Kabishula, s’était rendu avec 400 hommes avant de retourner dans la forêt. Le « colonel » Mayani, de l’Union des patriotes pour la libération du Congo (UPLC) a pour sa part déposé les armes, mais la plupart de ses 500 hommes ont repris le maquis fin septembre. Dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu en février, plusieurs centaines de combattants du groupe Mai-Mai Réunion ont, de même, repris les armes quelques jours après avoir été cantonnés. En mars, c’est l’armée congolaise qui a attaqué les hommes du “général » mai-mai Ebu Ela pourtant en train de se regrouper pour se rendre. Ils ont depuis repris le maquis et prennent part au conflit communautaire qui déchire la région de Minembwe. Un scénario similaire s’est déroulé au Kasai en février : à Kamako, la reddition mal gérée d’un groupe de miliciens Kamuina Nsapu a fini en fusillade, et 19 de ces miliciens ont trouvé la mort, comme l’avait relevé un rapport du Groupe d’études sur le Congo (GEC). Conséquence : leurs camarades se sont depuis réarmés.

Les problèmes d’encadrement des ex-combattants ne sont pas nouveaux. En 2014, déjà, Human rights watch (HRW) avait révélé que 100 démobilisés ou membres de leur famille, étaient mors de de faim et de maladie du fait des négligences du gouvernement congolais. En 2015, un budget de 85 millions de dollars avait été mis sur pied pour l’Unité d’exécution du programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion (UEPNDDR). Mais il n’a jamais été financé.

Faute de véritable changement dans ce domaine, la crainte se fait jour que le mouvement de reddition initié par l’élection de Félix Tshisekedi ne s’essouffle et qu’une opportunité historique ne soit gâchée. 

Le président a pourtant bien demandé, dès février, à la cheffe de la Monusco Leïla Zerrougui de l’aider sur ce dossier. Mais la mise en place d’un programme a pris plusieurs mois. Selon un cadre de la Monusco, son déploiement aurait notamment pâti de désaccords au sein de la mission onusienne. « Certains d’entre-nous voulaient que le gouvernement commence par mettre de l’ordre dans ses multiples structures chargées de ce dossier : l’UEPNDDR n’a pas été redémarré par l’équipe Tshisekedi. Une unité est aussi chargée de cela au sein de l’armée. Et Tshisekedi a chargé son conseiller Claude Ibalanky de s’occuper de ces questions : il l’a nommé coordonnateur du Mécanisme national de suivi  (MNS) de l’accord de d’Addis-Abeba. D’autres pensaient que nous devions plutôt lancer un programme ad hoc au plus vite ». 

« Il y a eu des lenteurs, c’est vrai, mais cela n’est pas de la faute de la Monusco », assure toutefois Florence Marchal, la porte-parole de Leïla Zerrougui, la cheffe de la mission. 

Quoiqu’il en soit, ce programme est enfin sur le point de voir le jour. Au terme de la réunion de Félix Tshisekedi avec les gouverneurs des provinces de l’Ituri, du Maniema, du Nord et du Sud Kivu et du Tanganyika, à Bukavu le 9 octobre, la présidence a assuré qu’un « plan DDR clair doit être présenté dans les meilleurs délais ». Le Fonds pour la consolidation de la paix des Nations-Unies a débloqué une première tranche de 6 millions de dollars pour le financer, vendredi 4 octobre. Toutefois, ces fonds ne devraient concerner que les démobilisations de miliciens dans les Kasaïs et le Tanganyika. « Dans ces provinces, la situation est plus simple que dans Kivus, explique Florence Marchal. D’abord, tous les groupes armés y sont nationaux. Ensuite, ils n’ont généralement pas de revendication politique. Notre position sur ce sujet est pas d’impunité – ceux qui se rendent et qui ont commis des exactions devront faire face à la justice – et réintégration dans la vie civile, pas dans les forces armées ». 

De fait, les précédentes vagues de démobilisation et réinsertion dans les Kivus ont donné des résultats pour le moins mitigés et sont régulièrement accusées d’avoir incité à la création de groupes rebelles pour bénéficier de ces programmes. « Nous n’allons quand même pas leur donner de l’argent contre des armes, qu’ils ne livrent d’ailleurs qu’au compte goutte », pestait ainsi une autre source onusienne il y a quelques mois, au plus fort des débats internes.

Reste que pour les groupes armés des Kivus, aucun programme n’est pour l’instant prévu. Par défaut, la principale option les concernant semble donc être de les défaire militairement. Lors de l’assemblée générale de l’ONU, Félix Tshisekedi a ainsi réclamé « une MONUSCO non pléthorique, bien équipée, forte et dotée d’un mandat adapté, à l’image de la brigade d’intervention rapide qui avait jadis mis en déroute le Mouvement M23 ». A Béni, le 10 octobre, il a annoncé une ultime attaque contre la rébellion islamiste des Forces démocratiques alliés (ADF). Et il a reconnu des « échanges de renseignements » avec les pays voisins désireux d’éradiquer les rébellions qui leur sont hostiles en RD Congo.

Le chef militaire des Forces démocratique de libération du Rwanda (FDLR) Sylvestre Mudacumura, a ainsi été tué le 18 septembre, dans une opération auxquelles des membres des forces spéciales rwandaises ont pris part. Néanmoins, l’efficacité de ce type d’opération ciblée est discutable. La disparition d’un chef de groupe armé peut parfois priver les négociateur d’un interlocuteur, et réduire les chances d’obtenir une reddition des troupes. La mort de Mudacumura n’a, en tout cas, pas empêché le Rwanda de subir, le 4 octobre, l’attaque en provenance du Congo la plus meurtrière de ces dernières années. Dans tous les cas, environ 130 groupes armés sont présents dans les seuls Kivus, ce qui suggère un problème systémique. La seule voie des armes pourra difficilement le régler.

« Pour Mme Zerrougui, il ne peut y avoir de solution purement militaire, poursuit Florence Marchal. Ces opérations ne peuvent avoir pour but que de permettre des dialogues politiques s’attaquant aux les causes profondes des conflits ». A New-York, où elle était présente fin septembre, la cheffe de la Monusco a, d’ailleurs, multiplié les plaidoyers auprès de la Banque mondiale et des pays donateurs de traditionnels de la RD Congo pour permettre de mettre enfin sur pied des programmes de démobilisations plus ambitieux. 

« Il y a une volonté de leur part de soutenir les efforts, assure Florence Marchal. Les 6 millions de dollars sont importants parce qu’ils permettent de démarrer rapidement et d’entraîner d’autres bailleurs. Mais ils ne sont qu’une petite partie des sommes que nous voulons mobiliser ». Lorsque ces nouveaux programmes finiront par voir le jour, les rebelles des Kivus seront-ils toujours disposés à déposer leurs armes ?