L’optimisme de l’armée congolaise contredit par de nouveaux massacres des ADF

La ville d’Oïcha, située sur l’axe Beni-Eringeti, a subi plusieurs massacres depuis novembre 2019 (World Bank/Vincent Tremeau)

C’était le 10 janvier dernier. Après deux mois et demi d’opérations et de massacres contre les civils, l’armée congolaise (FARDC) annonçait avoir conquis « Madina », le quartier général des Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe islamiste d’origine ougandaise qui martyrise la population de Beni depuis plus de six ans. Mieux : selon les FARDC, cinq des six chefs des ADF avaient été tués. S’en est suivi une période de calme relatif et l’espoir, parmi les habitants du territoire de Beni, que les égorgeurs avaient enfin perdu la guerre.

Mais depuis, les massacres ont repris à un rythme effrayant. Trente-huit civils ont même été tués à l’arme blanche le 28 janvier dans les villages de Manzingi et Mebundi, ce qui en fait la journée la plus meurtrière de la récente vague de massacre débutée en novembre 2019. Dans le territoire de Beni, d’autres massacres d’ampleur ont ensuite été commis les 29, 30 et 31 janvier, les 11 et 17 février, et 38 personnes supplémentaires ont été tuées dans la province de l’Ituri, qui était jusque-là épargné.

Au total, plus de 393 civils ont été tués depuis novembre dans des attaques attribuées aux ADF dans le Nord-Kivu et l’Ituri, selon les chiffres du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST). Ces récents événements ont contredit l’optimisme affiché par l’armée congolaise, semé le trouble au sein de la population de Beni, et porté un coup à la crédibilité du gouvernement de Kinshasa. Le président Félix Tshisekedi, avait en effet annoncé son intention “d’exterminer définitivement” les ADF en octobre dernier.

Pourtant, ce scénario était malheureusement prévisible. Des doutes avaient déjà été exprimés sur ce blog, anticipant notamment que, même si Madina était prise, cela ne marquerait sans doute pas la fin du conflit. Un indicateur, notamment, en témoignait : le nombre relativement faible de combattants et de chefs des ADF tués ou arrêtés.

Depuis, ce nombre a peu augmenté. L’armée congolaise communique rarement les bilans des opérations, et lorsqu’elle le fait, comme le 11 janvier dernier (elle avait annoncé la mort de 40 combattants  des ADF et 30 soldats congolais lors de son offensive sur “l’axe nord” vers Madina), ses chiffres sont contestés par la quasi-totalité des sources diplomatiques et onusiennes interrogées par le KST. D’après elles, le bilan serait en réalité moindre pour les ADF et bien plus lourd pour l’armée congolaise. « Les véritables chiffres qui m’ont été communiqués sont d’une quarantaine d’ADF tués, une douzaine d’armes récupérées et près de 300 morts du côté de nos soldats depuis le début des opérations », assure ainsi, un notable de la région de Beni proche de l’Etat-major.

Dans tous les cas, les effectifs des ADF, estimés à entre 790 et 1060 combattants en 2019, restent probablement assez élevés pour continuer de constituer une menace durable.

Par ailleurs, le KST n’a pu vérifier la mort des cinq “généraux” que les FARDC affirment avoir tués. Contrairement à ce qui est habituellement observé lors de la mort de chefs de groupes armés dans l’Est de la RDC, très peu de photos de corps de leaders ADF ont circulé sur les applications de messagerie et sur les réseaux sociaux. Les photos d’une seule dépouille, présentée par l’armée congolaise comme celle de “Mzee wa Kazi”, semblait correspondre à un chef ADF connu : Nasser Abdu Hamid Diiru, le commandant adjoint de l’un de leurs camps. Pourtant, ce décès n’est pas non plus confirmé par des sources indépendantes de l’armée congolaise.

Nasser Abdu Hamid Diiru est le seul responsable des ADF dont la mort est corroborée par des photographies (organigramme extrait du rapport du Groupe d’étude sur le Congo « Les ADF vus de l’intérieur », de novembre 2018)

 

« L’offensive a été très mal préparée », assure de son côté le député d’opposition du Nord-Kivu Muhindo Nzangi. « Les FARDC se sont lancées dans une opération classique, pour reprendre les bases des ADF. Mais ces derniers avaient anticipé : ils n’ont pas livré bataille, sauf à deux reprises, à Lahé et Madina, et ce seulement pour retarder l’avancée des FARDC et laisser à leurs membres le temps de quitter les lieux. De leur côté, les ADF ont tendu à nos soldats des embuscades meurtrières ».

« Le terrain, qui est une dense forêt vallonnée, est idéal pour se déplacer sans être repéré », complète le général français Jean Baillaud, qui fut commandant adjoint de la force de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) de 2013 à 2016. « Face à eux, occuper des positions statiques n’est pas très utile. Si elles sont faibles, elles sont une cible et peuvent être attaquées, auquel cas elles deviennent des réserves d’armes et de munitions pour l’ennemi. Si elles sont fortes, elles peuvent facilement être contournées. »

Faut-il, pour autant, en conclure que les opérations menées jusque-là, et qui ont mobilisé 22 000 hommes et 19 généraux, selon une source onusienne, ont été inutiles ? Pas nécessairement. Plusieurs signes suggèrent notamment que les ADF ont dû adapter leurs méthodes. D’abord, depuis le 26 novembre, ils commettent beaucoup moins de massacres dans les zones urbaines de l’axe Beni-Eringeti et plus dans des régions plus reculées.

 

Ce sont pourtant ces attaques en ville qui ont le plus grand retentissement. Ceci a notamment été visible le 20 novembre, avec l’attaque du quartier de Boikene, en ville de Beni, qui a abouti à des manifestations contre la Monusco. Les recherches effectuées sur le moteur de recherche Google témoignent également que les massacres de novembre ont suscité beaucoup plus d’intérêt que ceux de janvier, pourtant presque aussi meurtriers.

Le nombre de civils tués dans des massacres attribués aux ADF s’est maintenu à un très haut niveau de novembre à janvier

 

Mais l’intérêt pour ce sujet a sensiblement baissé (nombre de recherches des termes « Beni Congo » sur Google depuis le 1er octobre – source : Google trends)

Ensuite, des pillages de nourriture ont eu lieu lors de plusieurs massacres récents. De la part des ADF, ce mode opératoire est rare. Cela laisse imaginer que ses lignes de ravitaillement ont été perturbées par les opérations des FARDC.

Enfin, les récents massacres se sont produits à l’ouest de la route nationale 4, dans une zone située loin des opérations des FARDC. Cela amène à plusieurs hypothèses, pas forcément exclusives. Soit les ADF ont fait alliance avec d’autres groupes armés présents dans cette zone, à qui ils ont « sous-traité » les massacres. Soit une partie d’entre eux au moins a réussi à contourner l’ennemi jusqu’à se déplacer dans cette zone, moins bien couverte par les forces de sécurité. Les FARDC n’avaient, jusque début février, qu’un peloton dans la ville de Mangina et la Monusco n’y a pas de présence : sa base provisoire la plus proche est située à Biakato, en Ituri.

Quoi qu’il en soit, les FARDC interprètent la relocalisation des massacres dans l’ouest du territoire de Beni et en Ituri comme une tentative de diversion des ADF. « Ils veulent nous obliger à envoyer des forces là-bas afin que nous quittions le triangle de la mort pour leur permettre de reprendre leurs bases », affirme ainsi un officier au KST. Malgré tout, selon une autre source militaire, une compagnie des FARDC a été envoyée en renfort à Mangina début février.

En dépit de l’engagement du président Félix Tshisekedi, l’offensive actuelle des FARDC pourrait, comme les précédentes, échouer à venir à bout de ce groupe. En janvier 2014 déjà, les FARDC avaient lancé une vaste attaque contre les ADF, avec le soutien de la Monusco. Après quatre mois, ils avaient annoncé avoir repris « Madina ». Puis, en octobre, des massacres de civils de grande ampleur avaient été commis : 345 personnes avaient été tuées en l’espace de trois mois.

Les FARDC avaient fini par quitter la forêt, et les ADF avaient pu reprendre, peu ou prou, leurs anciennes positions. « Avec le recul, je constate que nous avions une approche trop binaire du conflit », reconnaît aujourd’hui Jean Baillaud. « Nous pensions que les ADF étaient un ennemi bien identifié que nous pouvions vaincre avec une opération militaire. En réalité, et on le voit clairement aujourd’hui, ce n’est pas seulement un groupe armé, c’est aussi un réseau, qui contrôle tout un pan de l’économie locale et qui jouit de complicités ».

Pour vaincre cet ennemi, sans doute est-il nécessaire de mettre en place une stratégie plus globale faisant intervenir les services de renseignement, la justice et la diplomatie congolaises, et qui viserait non seulement les ADF eux-mêmes, mais aussi leurs réseaux de financement, de recrutement, et les complicités dont ils font l’objet en RDC comme dans la région. Sans cela, les offensives strictement militaires successives paraissent vouées à l’échec.

Après la mort d’au moins 77 civils, la stratégie de l’armée congolaise contre les ADF en question

Soldat de l’armée congolaise dans le Nord-Kivu, en 2012. (MONUSCO/Sylvain Liechti)

Ce billet de blog a été mis à jour lundi 25 novembre 2019 pour rendre compte d’une nouvelle attaque à Beni, portant le bilan à 77 civils tués.

«Serons-nous les prochains ?» Les habitants du territoire de Beni ne peuvent plus s’endormir sans se poser cette effrayante question. Ces deux dernières semaines, aucune nuit, ou presque, ne s’est terminée sans massacre de civils, dans cette région du Grand Nord-Kivu. Dix personnes tuées à Kokola le 5 novembre, 15 à Mbau la semaine suivante, 20 à Mavete et Beni le 19 novembre… En tout, le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) a pu documenter la mort de 77 civils dans des exactions des Forces démocratiques alliées (ADF). Sur une période si courte, c’est inédit depuis la vague de massacres de fin 2014, au cours duquel 345 personnes avaient été tuées en l’espace de trois mois dans le territoire de Beni.

Toutes ces exactions sont survenues sur la route entre Beni-ville et Eringeti, l’axe le plus peuplé de la région. De ces localités, on entend, au loin, les combats que mènent les soldats de l’armée congolaise à l’arme lourde, contre cette rébellion islamiste d’origine ougandaise. Mais ce sont des voisins que l’on retrouve morts au petit matin, le plus souvent tués à l’arme blanche.

Selon l’armée congolaise, pourtant, la « grande offensive » lancée le 30 octobre contre les ADF a tout d’un succès. Sa communication, reprise par les médias congolais faute de source alternative, fait état d’avancées importantes dans le « triangle de la mort », entre Eringeti, Mbau et Kamango. A l’en croire, les camps des ADF de Vemba, Kadou, Kididiwe, Karwamba, Mabeto, Mayangose, Bahari, Chochota ou encore Mapobu ont été repris.

De fait, le KST a pu confirmer la conquête de certains d’entre eux, dont celui de Mapobu, qui était l’une des principales bases de cette rébellion (voire carte ci-dessous), au cours d’offensives qui ont coûté la vie à au moins 19 soldats congolais. De même, la mort d’un des chefs des ADF, présenté comme « Mzee wa Kazi » par l’armée congolaise, paraît crédible. L’analyse de trois photos différentes de sa dépouille obtenues par le KST laisse penser qu’il s’agit en réalité de Nasser Abdu Hamid Diiru alias Kikute, le commandant en second du camp Mwalika.

Organigramme extrait du rapport du Groupe d’étude sur le Congo « Les ADF vus de l’intérieur », de novembre 2018.

Les avancées sont-elles le signe d’une victoire militaire prochaine ? Un indicateur notamment, fait douter de l’affaiblissement réel des ADF : le nombre de combattants neutralisés. Le KST n’a pu confirmer la mort que de 7 d’entre eux. Certaines photos de la prise de Mapobu montrent quatre corps supplémentaires. Le chef de l’opération, le général Jacques Nduru Chaligonza, a pour sa part annoncé, le 8 novembre, que ses hommes avaient tué 25 combattants ennemis. Mais les FARDC se refusent depuis à annoncer un bilan complet.

Quelle que soit la source, les pertes enregistrées par les ADF paraissent relativement minimes. Dans leur dernier rapport, les experts de l’ONU estimaient en effet que cette rebellion disposait d’entre 790 et 1060 éléments, répartis entre leurs différents camps.

« L’ennemi mène des combats retardataires : ils engagent peu de combattants à chaque fois et cherchent seulement à ralentir notre progression afin permettre au noyau dur de fuir », reconnaît un officier de l’armée congolaise.

Selon cette source, les attaques menées par les ADF contre les civils auraient pour but de faire reculer les FARDC vers les zones urbanisées et de les détourner ainsi de leurs objectifs. « Mais nous avons compris cette stratégie, poursuit-elle. C’est pourquoi nous continuons notre progression vers l’intérieur. » Dans le viseur des FARDC donc, le principal camp des ADF : le « complexe de Madina ».

Carte extraite du rapport des experts de l’ONU sur la RDC de juin 2019.

Dans le cas où cette base serait conquise, cela signifierait-il la fin des ADF ? Lors des précédentes offensives, comme celle de 2014, les FARDC avaient réussi à la conquérir. Mais le territoire n’avait pas été durablement occupé et les rebelles avaient pu reprendre leurs bastions et reconstituer leurs capacités. Rien ne prouve qu’il en irait autrement cette fois. « Notre stratégie est différente, promet pourtant notre officier. Une fois que nous aurons conquis nos objectifs, nous allons consolider notre présence et occuper la zone ».

Les FARDC seront-ils capable de soutenir un tel effort dans la durée ? Certaines sources militaires annoncent que des moyens très importants ont été engagés, avançant même le chiffre, invérifiable, de 22 000 soldats présents sur le front. Il paraît toutefois peu crédible au regard des bilans humains annoncés. Par le passé, plusieurs offensives des FARDC avaient pris fin, faute de financement. Il n’est pas certain que l’Etat congolais puisse faire mieux cette fois, au vu des finances publiques. Fin septembre, seuls 3,3 milliards de dollars avaient pu être rassemblés pour le budget de l’Etat, contre 4,3 prévus à cette date. Et Kinshasa a d’autres coûteuses priorités, comme la mise en place de la gratuité de l’enseignement primaire.

Dans ce contexte, les accusations de complicités avec les ADF fleurissent. Par le passé, les autorités de Kinshasa ont régulièrement accusé les autorités locales de collusion avec cette rébellion. Mais pour l’ancien ministre des Affaires étrangères Antipas Mbusa Nyamwisi, influent dans la région, le problème vient plutôt des chefs de l’armée congolaise. « Aucune offensive ne pourra réussir tant que ces hommes, dont les méfaits ont été maintes fois démontrés, seront toujours en place », affirme-t-il au KST. Cet opposant s’était rapproché du président Félix Tshisekedi en mai dernier et avait plaidé pour la nomination de certains officiers au commandement des opérations contre les ADF, sans obtenir gain de cause. Il s’est depuis éloigné de la présidence : il affirme n’avoir plus remis les pieds au pays depuis le mois d’août.

Le coût en vies civiles de l’opération rend, en tout cas, sa poursuite difficilement soutenable à long terme. Si les massacres se poursuivent, l’opinion publique congolaise pourrait cesser de soutenir la principale offensive annoncée par Félix Tshisekedi dans l’Est du pays. Des manifestations sporadiques ont déjà eu lieu Beni, Butembo, Oicha et Kasindi. Le mouvement citoyen Lucha, qui avait livré de l’aide aux FARDC le 9 novembre, manifeste désormais pour demander des mesures de sécurisation de la population, comme à Oicha le 20. Les députés du Nord-Kivu, qui avaient appelé de leur voeux cette opération le 4 novembre, se disent désormais « vivement préoccupés » par l’évolution de la situation.

« En réalité, cette opération n’a pas été préparée, grince l’un d’eux. Elle a été faite seulement pour satisfaire le président qui s’est engagé à ramener la paix dans l’Est. Certains chefs militaires n’y ont eux-mêmes jamais cru ».

Le président Félix Tshisekedi avait en effet publiquement annoncé, le 10 octobre, l’imminence de la « dernière » offensive contre les ADF qui allait « les exterminer définitivement ». Pour ce faire, il avait notamment tenté d’obtenir le soutien de l’Ouganda. Il avait même, plus largement, tenté de constituer une coalition régionale contre les groupes armés dans l’Est, avec la création d’un état-major régional intégré à Goma.

Ses efforts ont cependant buté sur la mésentente entre Kigali et Kampala : le 25 octobre, l’Ouganda a ainsi refusé de s’associer à cette initiative. Félix Tshisekedi a bien abordé de nouveau le sujet avec Yoweri Museveni, le 9 novembre à Kampala. Officiellement, les deux hommes sont convenus « d’oeuvrer ensemble » contre « les forces négatives qui sévissent dans l’Est de la RDC ». « Mais nous ne voyons rien, sur le terrain, qui laisse penser que l’Ouganda aide les FARDC dans cette opération », assure un cadre de la Monusco.

Les FARDC sont donc seules sur le front. Et ce d’autant plus que la Monusco n’a pas été associée à l’offensive non plus. Elle ne la soutient que ponctuellement avec des vols de reconnaissance et l’évacuations de blessés – une vingtaine de soldats FARDC en ont bénéficié jusqu’à présent, selon une source onusienne.

La Monusco a également bien du mal à accomplir sa mission de protection des civils, qui est pourtant l’une des deux priorités de son mandat. « Nous essayons de mettre en place des patrouilles vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept-jours sur sept, ainsi que des barrages pour filtrer les déplacements, explique un de ses cadres. Mais il est très difficile de contrôler des individus qui se déplacent la nuit avec de simples armes blanches. Il semble même que les ADF utilisent des réseaux déjà implantés dans les villes ».

La rébellion islamiste est en effet présente dans la région depuis 1995 et a noué d’étroites relations avec certaines communautés locales. Et elle semble, de son côté, avoir minutieusement préparé l’offensive des FARDC. Aux mois de septembre et octobre, le KST avait ainsi pu observer une recrudescence d’attaques ADF contre des positions FARDC, possiblement dans le but de les intimider et de récupérer des armes. 

« On a également constaté des mouvements vers Tshabi, dans l’Ituri, laissant penser que les ADF ont mis leurs femmes et leurs enfants à l’abri », ajoute une source onusienne. Lors de certaines de leurs attaques, les rebelles ont également ciblé des communautés particulières, comme les pygmées, dont certains membres servent parfois de pisteurs à l’armée congolaise. Une famille de notable d’Oicha a également été décimée.

A ce prix, l’armée congolaise parviendra peut-être à conquérir les derniers bastions des ADF. Peut-être est-ce l’objectif qu’elle s’est fixée. Cela permettrait au pouvoir politique d’afficher des résultats. Une victoire totale sur les ADF semble en revanche difficilement concevable sans un changement de stratégie.